Association L'Ange Bleu
A.N.P.I.C.P. (Association Nationale de Prévention et d'Information Concernant la Pédophilie)
33, avenue Philippe Auguste
75011 PARIS
Tél. (N° Indigo) : 0820 392 192
Fax : 01 53 20 99 21
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Bonjour et bonne rentrée à tous et à toutes.
Une rentrée qui sera probablement marquée par de fortes agitations sociales et politiques compte-tenu des graves régressions qu'impose notre gouvernement aux plus faibles, régressions pour certaines dignes des heures sombres de notre histoire selon notre point de vue. Même si notre association ne combat pas sur ce terrain, l'enjeu est tel que nous ne pouvons pas ne pas nous associer ne serait-ce que moralement, en tant qu'acteur de l'économie solidaire, aux luttes en cours et à venir. Car sur ce terrain là aussi l'avenir de nos enfants est en jeu ! Aussi, à ceux qui luttent, nous témoignons notre pleine solidarité et toute notre reconnaissance.
Nous en profitons pour adresser à ce titre un petit clin d'oeil amical à Serge Portelli pour sa remarquable intervention du 16 mai dernier sur le Plateau des Glières.
Pour revenir au sujet de notre action, et en guise de devoir de rentrée, nous allons reposer une nouvelle fois la question : "La pédophilie est-elle une perversion ? Comment la soigner ?"
Une question dont la réponse semble ne faire aucun doute pour la majorité et qui pourtant devrait nous interpeller. Notre colaborateur psychanalyste - Jean-Michel Louka (1) - nous en dit un peu plus. Nous vous restituons sa réponse ci-dessous et profitons de l'occasion pour le remercier de la présentation faite de notre action à titre d'illustration et d'hommage :
SURVEILLER ET PUNIR,
PRÉVENIR ET GUÉRIR
Les affaires récentes de pédophilie qui ont humainement et judiciairement défrayées la chronique ne peuvent faire l’impasse sur un fait : la sexualité humaine est un domaine des plus complexes. Loin d'être une simple bio-génitalité, reposant sur des besoins sexuels, génétiquement programmée et visant essentiellement à la reproduction comme chez les animaux, elle est, avant tout, une psycho-sexualité, du fait que l'être humain est un être de langage, du fait, donc, qu'il parle. C'est parce qu'il est un "parlêtre", qu'il est soumis au langage, qu'il a un inconscient. Et cet inconscient perturbe tout d'une supposée génitalité normale, laquelle n'existe pas. C'est donc, chez l'Humain, le désir, qui plus est, le désir en tant qu'inconscient qui va mener la danse de sa sexualité. Le désir inconscient est irreprésentable. Le fantasme est là pour suppléer, supporter ce désir irreprésentable. Et le fantasme, les fantasmes, se mettent en place lors de la lente et cahoteuse construction du "sujet", entraînant la multiple possibilité d'expression des pulsions sexuelles qui réclament, chacune, leur satisfaction. Très tôt.
Ensuite va venir une répression des dites pulsions, pour chacun, pour chacune, une "castration" de certaines pulsions non-admises par et pour la vie collective, afin d’obtenir une vie non-barbare supportable en société. La plupart des sujets va prendre cette voie dite "normale" d'accepter la répression, tout au moins pour l'essentiel, la castration de certaines pulsions, ou expressions des pulsions, des pulsions les plus mortifères pour soi-même et pour autrui, pour l'autre, le partenaire sexuel.
S'il y a trop de répression, culturelle, sociale, émerge un risque de sombrer dans la névrose (hystérie, névrose obsessionnelle, phobie).
S'il n'y en a pas assez, pour une raison ou une autre, se fait jour un autre risque, que le sujet s'installe dans la perversion, dans la pratique d'actes dits pervers (masochisme, sadisme, exhibition, voyeurisme, pédophilie, passages à l'acte incestueux, gérontophilie, rapports sexuels avec les animaux, etc.). Les personnalités pédophiliques ne témoignent d'aucune "anormalité" psychique ou physique particulière, mais seulement sociale, au sens où cette castration des pulsions ne s'est pas accomplie comme il convient pour la vie collective, la rendant acceptable selon ses règles, selon ses normes, selon ses lois. Ce sont souvent des personnalités immatures, fixées à un moment de leur histoire infantile, fascinées par l'enfant ou l'adolescent, parce qu'elles se trouvent et se retrouvent en lui. En fait, on pourrait dire que ces personnalités se mirent dans l'enfant qu'elles tourmentent ou utilisent pour leur plaisir, pour leur jouissance, pour satisfaire leur fantasme (au singulier), fantasme fondamental auquel elles restent comme collées, et qui, parfois, les mène au passage à l'acte répréhensible. Elles sont alors condamnées, si elles sont prises dans les rêts de la police et de la justice.
L'enjeu curatif d'une psychanalyse, en ce domaine, est de tenter (et de réussir!) ce "décollement" qui n'a pu avoir lieu en son temps. Ceci, afin de permettre cette "castration des pulsions", sans laquelle aucune vie ne peut se vivre dans le respect de l'Autre. Mais l’enjeu préventif existe aussi, et c’est sur celui-ci que devrait porter aujourd’hui l’effort collectif de la main tendue d’une société qui ne peut plus se suffire de seulement réprimer, punir. Les pédophiles sont dans une souffrance, généralement indicible, honteuse, même pour les plus accessibles à une demande d’aide qui ne reçoit pas toujours la réponse sociétale escomptée.
Oui, il faut accueillir cette souffrance, si elle le souhaite bien entendu, même si elle semble monstrueuse à beaucoup par ailleurs. Surveiller et punir ne suffisent pas,...il faut aussi accueillir et "traiter" ! C’est ce que fait l’association « L’ANGE BLEU), créé par Latifa Bennari, association qui n’a pas sa pareille car si elle s’occupe des victimes des abus et violences sexuels, incestes, elle accueille également – expérience à ma connaissance unique – les pédophiles que Latifa Bennari appelle « pédophiles abstinents », ces derniers n’étant jamais passés à l’acte, mais restant taraudés par de tenaces fantasmes sexuels concernant les enfants et les adolescents. Pour le praticien qui en a l’expérience, l'histoire infantile est, à chaque fois, à chaque cas, partie prenante. Pas de présent, sans passé, chez l'Homme. Non pas que le passé soit seulement "explicatif", comme l'on dit trop souvent - il peut l'être -, mais, surtout, il est "originaire" de ce que l'on rencontre dans le présent. Et l’on constate que les éléments de la complexité du tableau auquel on se confronte dans le présent, étaient déjà là, lisibles, prêts à se combiner si l'occasion leur en était donnée...
Ainsi, dans la plupart des cas, il aurait été plus « facile » de prévenir, d’aider à la « castration des pulsions » par un travail de parole, plutôt que de se retrouver plus tard, aujourd’hui, à tout reprendre de ce chantier des pulsions et d’un sujet qui a toujours cherché son « bon entendeur », mais qui ne l’a jamais rencontré. Lui avait-on même proposé ? C’est à quoi se voue l’association Loi 1901 « L’Ange Bleu », sa présidente et ses collaborateurs, sans subventions d’aucune sorte, mais avec une énergie considérable, depuis de nombreuses années déjà. Qu’il lui soit ici rendu hommage.
Jean-Michel LOUKA
psychanalyste
(1) Jean-Michel Louka est co-fondateur et président de l'association "Ecole Lacanienne de la Salpêtrière", président de l'association Gynepsy, maître de conférence et ancien chercheur au CNRS. Il organise régulièrement à Paris un séminaire public ouvert à tous.
Plus de renseignements sur Psycho-ressources


Gabriel GONNET, Directeur de la CATHODE(1), réalisateur du film, auteur de "Résiliences, Cicatrices, Rébellion" (Ed. L'harmattan, 2010) et
Monique BOURY, Présidente du Comité français des ONG pour la Liaison et l’Information des Nations Unies(2)
Vous invitent à la projection-débat du film «Cicatrices»
Grand Prix2008-Festival Médical des Entretiens de Bichat-Paris
Prix2008- Psychologie Filmed-Amiens
Le mardi 18 mai 2010 à 20h30
Auditorium Maison du Barreau
2-4 Rue du Harley – 75001 Paris
Seront présents lors de ce débat :
Jean Yves LEBORGNE, Vice Bâtonnier
Jacques LECOMTE, Chargé de cours à Paris X, Créateur du site Psychologie positive.
Jean Pierre ROSENCZVEIG, Président du Tribunal pour Enfants Bobigny
Latifa BENNARI, Présidente de «l’Ange Bleu »
(1) - La Cathode
6, rue Edouard Vaillant, 93200 St Denis
e-mail : contact(at)lacathode.fr
tél : 01 48 30 81 60
fax : 01 48 30 81 26
(2) - Comité Français ONG/ONU
5, Rur Perrée 75003 Paris
e-mail : moniqueboury(at)yahoo.fr
tél : 01.48.87.23.22
fax : 01.48.87.33.09
Pour plus de détails sur le programme
Nous remercions Françoise Boisseau de nous avoir fait parvenir le lien de la vidéo de la conférence donnée par Latifa Bennari à l'occasion de cet événement. Nous vous les livrons ci-dessous en quatre parties, postées également sur Youtube.
Nous remercions également toute l'équipe du Comité Français des ONG pour la Liaison et l'Information des Nations Unies et en particulier Monique Boury qui entretient depuis plusieurs années avec l'Ange Bleu d'enrichissants échanges.
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Nous vous invitons à visionner la soirée THEMA sur ARTE ce mardi 4 Mai à 20.35 « Crimes d’inceste », auquel l'Ange Bleu a participé dans son deuxième volet. A cette occasion, France-Soir publie également ce même jour un article de fond sur le thème de l'inceste, dont vous pouvez en lire la retranscription sur cette page.
Nous vous livrons ci-dessous le synopsis de l'émission, pour votre information. Celle-ci peut-être revue durant sept jours après diffusion, sur le site Arte-tv.
20.35 : « Inceste : familles empoisonnées »
Ils sont sept. Homme, femmes, mère, jeunes filles, de tous milieux, ils ont entre 23 et 60 ans… Tous se livrent à visage découvert, avec franchise, avec courage. Chacun raconte son histoire, ses émotions et ses souvenirs. Chaque histoire est unique, mais à sa façon universelle, car chacun raconte les silences, le sentiment de culpabilité bien qu’on soit victime, l’absence de repères, la lâcheté de toute une famille, le rôle terrible de la mère, le déni. L’impression d’être seuls au monde alors que les épreuves traversées sont semblables. Le film met à jour ces mécanismes et montre que l’on ne peut comprendre l’inceste que si l’on considère toute la famille.
21.25 : « Coupable d’inceste » de Cyril de Turckheim et François Bordes (ARTE France, DOC EN STOCK - 26’)
Cyril de Turckheim et François Bordes dressent les portraits psychologiques de ces hommes qui ont un jour franchi la ligne rouge en abusant leur fille, leur sœur ou leur petite fille… Construit à partir de témoignages, le film est éclairé par des entretiens avec plusieurs experts de renom qui identifient trois catégories d’incestueux : les « névrosés immatures », les « intellectuels pervers » et les « prédateurs sadiques »… Une typologie non figée qui propose une grille de repères
Quel est le profil d'un homme incestueux ? Pourquoi passe-t-il à l'acte ?
Les réalisateurs de "Coupable d'inceste" dressent le portrait psychologique et le parcours d'hommes ayant franchi la ligne jaune. Bernard et Romain, ce dernier témoignant au cours de son entretien avec Mme Bennari. Ces deux pères, reconnus coupables d'attouchements sur leurs enfants, se livrent avec franchise et sans déni. Cette contribution permettra-t-elle de mieux comprendre le phénomène, pris ici sous deux angles distincts ?
Si la question se pose sur le savoir des spécialistes en la matière et des moyens de prévention à mettre en oeuvre, il est tout du moins fait ici démonstration que parallèlement à l’aide apportée aux victimes d’abus sexuels, l’action de l’Ange Bleu, à contre-courant des positions communes, illustre l’importance d’une écoute et d’un soutien ciblant directement les auteurs de délits sexuels sur enfants lorsqu'ils en formulent la demande. Des demandes elles aussi à contre-courant des croyances usuelles en la matière puisqu'elles ne cessent de croître au fil du temps. Que nous apprennent ces témoignages ? Quels parcours ont conduit ces hommes à commettre de tels actes ? Quels sont leurs points communs, leurs différences ? Ces passages à l'acte sont-ils des accidents de parcours ou la concrétisation de désirs longtemps refoulés ? Quand et pourquoi deviennent-ils incestueux ?
Autant de questions que ce reportage soulève, au plus près d'une réalité face à laquelle bien des certitudes pourront s'effriter.
Revoir l'émission sur Arte-tv (disponible durant 7 jours)
* Inceste : familles empoisonnées
* Coupables d'inceste
* Crimes d'inceste : le débat

L'équipe de France 24 a diffusé ce samedi 03 avril un reportage tourné au cours d'un récent groupe de parole organisé par l'Ange Bleu, afin de mettre la lumière sur le rôle essentiel que constitue ce type de rencontres, tant pour les pédophiles que pour les victimes présents côte à côte.
Ces rencontres ne remplacent pas les thérapies, mais permettent à tous ceux et celles qui seuls n'auraient ni eu l'énergie ni la motivation de se prendre en charge de franchir cet essentiel premier pas : délivrer la parole, se confier. Beaucoup de ces participants en effet s'engagent à la suite de cette prise de parole dans une démarche de soin spécialisé, ou encore prennent suffisament conscience de leur état pour réviser intégralement leur vision du problème. Et tout l'intérêt des groupes de parole réside là.
"Un contrat moral passé avec moi-même" comme le précise justement "Christian" (pseudonyme), l'un des participants de ce jour. Il s'agit bien de cela. Parler sans être jugé en retour catalyse le changement qui s'opère en soi à l'instant où l'on décide d'y participer. Le cadre convivial et l'écoute offerte en cet événement engage moralement le sujet dans une nouvelle aventure ; sa propre évolution.
Courte mais riche d'information et d'espoir, Nous vous invitons à visionner cette émission qui peut être consulté intégralement sur le site de France 24 à cette adresse : http://www.france24.com/fr/20100405-fr-sante-sexualite-troubles-pedophilie-impuissance-jennifer-knock
Nous remercions toute l'équipe de France 24, et particulièrement Jennifer Knock, auteure et présentatrice de l'émission, pour l'esprit de synthèse et la justesse de ce document.

Présentation pour la presse luxembourgeoise de la conférence de Madame Latifa Bennari, vendredi 12 mars à 20 heures chez les Sœurs Franciscaines.
Les affaires de pédophilie font régulièrement la une des journaux et suscitent toujours une grande émotion dans l'opinion publique. Face à ces histoires dramatiques, le sensationnel l'emporte souvent sur le débat de fond. Protéger les enfants du fléau des abus sexuels est une mission délicate, complexe et indispensable. Comment assurer le meilleur soutien aux victimes et la meilleure prévention de la maltraitance sexuelle des enfants ?
En réponse à ces questions, Latifa Bennari, fondatrice de L'Ange Bleu, association nationale d'information et de prévention concernant la pédophilie ( www.ange-bleu.com ), a développé une démarche originale et novatrice. Dans son ouvrage, intitulé "L'Ange Bleu, Pédophilie : prévenir pour protéger ». Editions du Rocher, elle confie le calvaire qu'elle a vécu entre l'âge de six et quatorze ans. Un "ami" de la famille, que nul ne soupçonnait, est devenu le bourreau d'une Latifa muette de honte et de souffrance. Aujourd'hui, la victime s'est métamorphosée en militante débordante d'énergie. Son mot d'ordre : éviter toute diabolisation, cesser de condamner sans comprendre.
Le programme d’action de l’Ange bleu comporte l’accueil, l’écoute, l’accompagnement personnalisé aussi bien des victimes afin de les aider à dépasser leur souffrance et à se reconstruire, que des personnes en prise avec des attirances pédophiliques. En ce qui concerne ces dernières, il s’agit de les aider à ne pas « franchir le pas de l’acte pédosexuel » ou, si elles sont des délinquants condamnés, « à ne pas récidiver ». Les proches des victimes comme ceux des pédophiles ou des abuseurs condamnés peuvent aussi être soutenus dans leur désarroi. Oser en parler, c'est se donner la possibilité de traiter et de maîtriser en profondeur le problème de la maltraitance sexuelle pour mieux le combattre.
Madame Bennari vient à Luxembourg et donnera une conférence le vendredi 12 Mars à 20 heures sur le thème « Pédophilie : prévenir pour protéger » à la Maison d’accueil des Sœurs Franciscaines, 50 Avenue Gaston Diderich à Luxembourg-Belair..
Addendum du 16 mars
"Therapie für potenzielle kinderschänder"
Un article intitulé "Therapie für potenzielle kinderschänder" vient de paraître ce jour dans le journal Luxembourger Wort donnant suite à la conférence qui s'est tenue ce vendredi 12 mars.
Nous vous le livrons en version scannée originale, ainsi qu'en version traduite en français.
Pour le consulter, cliquez ici.
SanViolentine a assisté à la conférence de Mme Latifa Benari de l’association Ange Bleu, donnée le 12 mars au centre pénitentiaire de Schrassig et le soir à la Maison d’accueil des Sœurs Franciscaines à Luxembourg.
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Madame Benari a invité Madame Frieke Brandebourg-Jeurgens pendant les deux conférences à intervenir sur la collaboration entre les deux associations.
SanViolentine ne prend pas en charge les personnes à tendance pédophile, néanmoins SanViolentine estime que les personnes dans cette situation ne doivent pas rester sans écoute et les guident vers Ange Bleu.
La devise de Mme Benari : « un pédophile écouté ne passera peut-être pas à l’acte, ceci signifie des enfants sauvés ».
© 2010, Association San Violentine, 12 mars 2010

A écouter sur Radio France Info lundi 01 mars à 7h 15 (*) des témoignages lors du dernier groupe de parole organisé par l'association L'Ange Bleu. Des profils méconnus mais qui reflètent une réalité dont on doit tenir compte pour garantir l’objectif visé qui est d’éviter le premier passage à l’acte chez les pédophiles abstinents ou la récidive chez les délinquants sexuels. Cette rencontre expose l'impact de l'action à travers notamment le témoignage d’une ancienne victime d’abus sexuels participante à ce groupe constitué de pédophiles, de délinquants sexuels repentis, de parents d’enfants victimes et d’ex-victimes d’abus sexuels.
(*) Latifa Bennari interviendra en direct à 8h35

Les réseaux sociaux apportent un semblant d'avantage pour beaucoup d'inconvénients. Hormis les débats récents sur une confidentialité difficile à respecter ou faire respecter en raison surtout de l'usage qui en est fait, donc volontaire même si inconsciente, de nombreux groupes s'y seraient développés dernièrement qui, sous couvert d'humour noir, se targuent de vanter les "mérites" de la pédophilie, notamment sur le réseau Facebook.
Quelques médias ont relayé cette information(*) sans susciter toutefois plus de réaction, mais la guerre continue au coeur de ces espaces virtuels. Un certain nombre de groupes se sont constitués pour combattre les auteurs de ces positions outrageantes et les messages affluent en direction de leurs auteurs. Premiers visés par les propos indécents de ces individus : les enfants s'ils consultent leur page au hasard de leurs recherches et les victimes pour lesquelles ce rappel constitue une véritable violence. Et, au final, la société doublement atteinte tant par le sujet en lui-même que des risques d'instrumentalisation qu'il peut susciter.
Mais qui sont les responsables ?
Comme il est coutume sur internet, l'apparente confidentialité du monde virtuel pousse certains à transcender les barrières morales. Que propose Facebook pour préserver la liberté d'expression qui, comme tout droit, se doit d'être encadré pour ne pas perdre son sens initial ? Visiblement, pas grand chose de vraiment contraignant, si ce ne sont les quelques messages de mise en garde lors de l'inscription. Cette insuffisance nous pousserait presque à croire que ce réseau fut conçu pour discréditer ce droit fondamental... en laissant les barrières se franchir allègrement. Ses gestionnaires ne sont-ils pas autant condamnables que les auteurs de cet humour de mauvais goût (voir un précédent aux USA en 2007 : http://techno.branchez-vous.com/actualite/2007/09/le_procureur_general_de_letat.html) ?
Où se place la limite entre liberté d'expression et l'outrage constitué ?
La liberté d'expression fut inscrite dans les droits fondamentaux pour permettre à tout individu de défendre sa position, exprimer ses désaccords, affirmer son identité culturelle, religieuse et politique. Aucune démocratie ne peux fonctionner sans l'exercice de ce droit.
Mais il ne faut pas confondre l'expression d'une position personnelle face au pouvoir institué et le déballage inconsistant d'un "humour" plus que limite. Il s'agit d'un détournement de ce droit, par ailleurs inscrit dans le code pénal parmi les délits encadrant les incitations à la violence (http://blog-droit.over-blog.com/article-2920429.html)
S'il y a à craindre deux choses en conséquence de cet acte, ce ne sont pas tant l'existence de ces individus en tant que tel sur Facebook ou ailleurs que leur encadrement, l'impact psychologique de leurs discours sur les victimes et enfin la préservation de nos droits. Car il est à craindre au-delà de l'évènement en lui-même que le fait que cela ait pu être publié et diffusé sans garde-fou risque de donner des arguments supplémentaires aux tentatives actuelles de contrôle de l'information citoyenne. Internet est particulièrement visé par ces tentatives et des précédents montrent que le danger est réel (Hadopi, LOPSI,...), entre autres sous couvert de protection de l'enfance.
Précision en guise de rappel :
Concernant le rapport entre les enfants et ces réseaux sociaux, il est à noter qu'un certain nombre de personnes s'indignent du fait que leurs enfants pourraient consulter la page d'un tel groupe. Cela est un risque en effet. Mais il est à rappeler ici que premièrement, la consultation d'un enfant sur internet doit être encadré par des adultes responsables et deuxièmement que la place d'un enfant n'est pas derrière un écran (et certainement moins encore devant Facebook) mais dans un milieu socialisant où il peux s'adonner à des activités propices à son épanouissement. Certaines activités encadrées autour d'internet peuvent certes enrichir leur éducation, mais il ne doit pas devenir un réflexe au même titre que la télévision l'est devenue.
Il faut reconnaître, suivant les contextes, qu'il n'est pas toujours aisé pour les parents de veiller 24h/24h dans ce rapport entre enfant et internet, mais quelques gestes simples peuvent prévenir bien des déconvenues. Déjà, lorsque vous possédez un logiciel de contrôle parental, ne confiez pas le code à votre enfant, même s'il insiste (déjà vu et plus fréquemment qu'on ne le pense), si vous n'en possédez pas, installez-en un (**). Enfin, dans le cas où un tel contenu est relevé, le mieux est de bloquer cet accès à l'enfant et de dialoguer avec lui. Le dialogue est le meilleur moyen de le prévenir ou le soulager. Pour faire un signalement, informez à la fois les équipes de modération interne au site (s'il y a) et contactez les autorités via ces deux liens ci-dessous :
Point de contact
Signalement Internet
Articles en référence :
(*) Pédophilie : le groupe Facebook de la polémique (LCI/TF1)
(*) Pédophilie : un groupe créé le scandale sur Facebook (Le Parisien)
(*) Facebook : ce groupe qui incite à la pédophilie et déchaîne le web (Le Post)
(*) Polémique autour d'un groupe Facebook sur le pédophilie (Le Nouvel Observateur)
(*) Alerte à la pédophilie sur Facebook (Le Figaro)
Contrôle parental :
(**) Logiciels gratuits de contrôle parental
(**) Comment installer un contrôle parental
(**) Le portail du contrôle parental
Les réseaux sociaux et la confidentialité (Petit rappel)
A lire : "Une société de surveillance ? L'état des droits de l'homme en France 2009"
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